Le Croustillant

Hôtel de ville: quand l’argent des marchés devient l’argent de poche des contrôleurs

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L’administration gabonaise souffre de sa corruption. Au cours de sa récente rencontre avec l’administration publique, le premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze avait dénoncé le laxisme, les conflits de compétence, les intérêts personnels, la négligence, les compromissions, les passe-droits et les petits arrangements qui gangrènent l’action de l’Etat en faveur des populations.

L’hôtel de ville de Libreville, considérée par certains comme un monstre à plusieurs tentacules n’est pas épargnée par cette gangrène. Tous les services et les départements de cette administration délocalisée ne dérogent pas à cette règle.

En regardant de près la gestion des marchés municipaux de la ville de Libreville par exemple, on se rend bien vite compte que cela s’apparente à ouvrir la boîte de pandore. A cet effet, plusieurs interrogations nous viennent à l’esprit dont la plus importante est celle de savoir : comment sont gérés les marchés qui sont la propriété de la Mairie de Libreville?
Face à cette question fondamentale, il est important de rappeler que les marchés municipaux de Libreville sont au nombre de 8 dont 4 sous concession et 4 en régie (Oloumi, Ambowe, Mont-Bouet secteur 1 et Nzeng-ayong.)

Pour ce cas précis, intéressons-nous aux chiffres autour des marchés en régie.
Ce qu’il faut savoir, c’est que pour la Mairie de Libreville, les recettes dans les marchés sont essentiellement basées sur les locations des espaces de commerce tels que : les stands, les kiosques, les box, les étales… D’énormes manquements tant sur le plan administratif que financier ont fait le lit à des pratiques douteuses, orchestrées par certains agents qui profitaient de la délibération du 18 avril 2004, pour ne signaler aux recettes municipales que les kiosques et les stands, en omettant volontairement d’autres espaces.

Les commerçants non déclarés et ne faisant pas partie de la nomenclature consignée par l’arrêté municipal signée du Maire André Dieudonné Berre ont toujours assuré avoir payé à la Mairie. Bien plus, il s’est avéré que les différentes équipes municipales ont toujours sous-évalué les recettes issues des espaces de commerce.

On en veut pour preuve le budget de l’exercice 2020 qui ne prévoyait pour budget des espaces de commerce des marchés de Libreville qu’un montant d’environ 170 millions de FCFA. En 2021 lorsqu’on observe le budget exécuté, on se rend compte que seuls 95 millions de FCFA ont pu être mobilisé.

Après des investigations poussées par les pouvoirs publics, on se rendra bien vite compte que les agents commis à ladite tâche ne déclaraient que moins de 150 espaces de commerce dans l’ensemble des marchés. Or, il en existe plus de 2700 dont 1500 qui sont occupés.

La question qui vient tout de suite à l’esprit est de savoir, où va cet argent et à qui profite le crime ?

Face à tous ces chiffres qui donnent le tournis, l’on comprend aujourd’hui aisément pourquoi plusieurs agents municipaux mènent un mode de vie ostentatoire et dispendieux. Cette administration a toujours favorisé le clientélisme, le détournement et la fraude sur le premier produit qui permet à la Mairie de s’autofinancer.

De tels comportements viennent ternir la volonté des plus hautes autorités qui ont toujours manifesté le désir de responsabiliser les administrations locales pour le bien-être des populations.

Sans réellement être inquiété de la mafia dans laquelle ils baignent, les agents véreux sont parfois prêts à tout au point de paralyser les activités lorsque les autorités décident de les sanctionner. Les nombreuses grèves et autres blocages ne sont que leur stratégie de diversion.

A l’heure même où gouvernement, consommateurs et opérateurs économiques travaillent de concert pour résorber le problème de vie chère, résultant d’une part la gabegie et de la spéculation des prix, les responsables de la mairie Libreville continuent de fermer les yeux sur cette situation pourtant sue de tous.

 

La Rédaction
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