Société

Accueil et adoption d’enfants abandonnés : l’État balbutie 

L’État ne dispose pas d’assez de centres pour accueillir les enfants abandonnés. ©DR

GT, 14 juillet 2022- COMMENT encadrer les placements des enfants délaissés ou abandonnés par les parents dans les centres d’accueil ? C’est le défi que doit relever le gouvernement gabonais via la commission des placements dans les familles d’accueil qui a récemment été mis en place par les ministres de la Santé et des Affaires sociales.

Pour ce faire, et soucieux d’avoir un droit de regard sur la procédure, la commission s’est réunie la semaine dernière pour examiner les 26 dossiers soumis à leur appréciation. 

Tenant compte d’un certain nombre de critères d’éligibilité, à savoir le critère d’âge de l’enfant, son état de santé, son profil scolaire, cette commission a retenu 9 enfants pouvant être admis en familles d’accueil. Mais une réalité est perceptible, l’État gabonais ne dispose pas d’un arsenal conséquent en matière de centre d’accueil. Pour preuve, à ce jour, le centre d’accueil pour enfants en difficulté sociale d’Angondje (Capeds) est le seul établissement public financé par le gouvernement gabonais pour accueillir les enfants en difficulté du Gabon. 

Pour le reste, il faut s’en remettre aux structures d’accueil, qui, par des gestions laissant parfois à désirer, n’assurent pas de façon adéquate le relais. Pourtant, il s’agit de protection de l’enfant et de sécurité sociale, chose qui pour l’Etat devrait faire l’objet d’un suivi particulièrement strict. 

À cet effet, la Loi n° 09/2004 relative à la prévention et à la lutte contre le trafic des enfants définit le « trafic des enfants » comme comprenant « toutes les formes de déplacement forcé, de marchandage, d’échange telles que la vente, la traite ainsi que la servitude pour dettes des enfants » ainsi que « le recrutement, l’offre et le placement à titre onéreux ou gracieux des enfants à des fins domestiques ou lucratives au sein des familles ».

Au Gabon, si la pratique de marchandage d’enfants n’est pas fortement répandue, le phénomène des enfants abandonnés par les parents a gagné du terrain ces dernières années, ce d’autant que les réseaux sociaux sont venus mettre à nu un phénomène récurent. Dans cette logique, il est à rappeler que La loi précise à ce propos qu’après trois d’hébergement dans un centre d’accueil, ces enfants doivent être placés dans les familles d’accueil en vue de leur adoption. Chose qui n’est pas toujours appliquée à ce jour. 

Pour ce combat, l’État peut compter sur l’appui technique et financier des partenaires au développement.

Jean Marc Azizet
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