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Concertation politique : Maganga Moussavou et Barro Chambrier, deux maîtres chanteurs

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S’ils étaient méconnus du paysage politique gabonais, leur coup de gueule aurait sans doute fait tiquer plus d’un observateur. Mais personne n’est dupe pour se laisser ébaubir par les agissements de Pierre Claver Maganga Moussavou et Alexandre Barro Chambrier.

Ces deux personnages sont connus pour être des maîtres chanteurs. Des personnes se comportant comme le crocodile qui fuit la pluie pour se réfugier dans le lac, dans l’espoir que l’on oublierait sa dangerosité.

Après avoir confirmé leur présence à la concertation politique en cours, à l’initiative du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, le président du Parti social-démocrate (PSD) et celui du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) d’annoncer, à tour de rôle, leur retrait de cette messe. Chacun avançant des raisons qui peinent cependant à convaincre l’opinion.

Laquelle opinion n’a jamais oublié le comportement sulfureux de ces deux hommes. D’abord celui du bouvier de Moutassou, digne d’une girouette.

L’ancien commissaire général à l’Aménagement du territoire est, en effet, un habitué de ce genre de frasques. Un stratagème pour mieux négocier le contenu qui doit aller dans sa gibecière.

C’est d’ailleurs à la suite des négociations avec le pouvoir qu’il entrera la première fois au gouvernement, en 1994, comme ministre d’État à la Planification. Se sentant probablement floué, il va se faire remarquer négativement en démissionnant de son poste.

Continuant son chantage, le leader du PSD se porte à nouveau candidat à la présidence de la République en 1998. Essuyant, comme en 1993, un cinglant revers.

Ceux qui le connaissent se demandent pourquoi il n’a jamais été médiateur de la République, tant sa malice lui permet souvent de siéger à la table du roi. Comme en 2002 où, à la faveur d’un gouvernement d’ouverture, il est nommé ministre d’État chargé de Missions et de la Refondation.

Puis, il est rappelé au gouvernement, deux ans plus tard, suite à l’adhésion de son parti à la majorité présidentielle, pour occuper le même poste. S’il a continué à bénéficier de hautes fonctions dans l’appareil étatique, notamment celle de vice-président de la République, son comportement s’apparente surtout à celle de la tortue qui se sert de ses pattes pour espérer toujours être du bon côté.

Le passé politique d’Alexandre Barro Chambrier n’est guère élogieux. Lui qui a tout eu grâce à son patronyme, avant de lancer un mouvement de frondeurs députés PDG qui ont alors créé le Rassemblement héritage et modernité (RHM).

En décidant de stopper leur participation à la concertation politique, sieurs Maganga Moussavou et Barro Chambrier mettent simplement à exécution une probabilité qu’ils avaient déjà évoquée le week-end précédant ces assises. Aussi, ratent-ils l’occasion de concourir à la tenue d’élections politiques apaisées au Gabon et à la transparence électorale.

 

Caroline Bivigou

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