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Enlèvements de Fougamou : les « alerteurs » aux arrêts

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Voilà qui devrait attirer l’attention des amateurs de fakes news et autres propos diffamatoires sur les réseaux sociaux. Quatre personnes, dont la plus jeune a 17 ans et la plus âgée 45, viennent d’être placées en détention pour des faits similaires.

Quatre individus ayant donné l’alerte sur un supposé kidnapping perpétré à Fougamou, dans la province de la Ngounié, ont finalement été incarcérés à la prison centrale de Mouila pour propagation de fausses informations. C’est ce que rapporte le quotidien L’Union dans sa parution de ce jour.

Il leur est reproché, pour les uns, d’avoir monté de toutes pièces cette histoire d’enlèvement de leurs enfants, et aux autres d’avoir amplifié la rumeur qui a incité les populations à descendre dans la rue. Ils sont tous poursuivis pour présomption de troubles à l’ordre public et destruction des biens d’autrui.

Selon le journal qui cite une source proche du dossier, les faits auraient eu lieu dans la nuit du 21 et la journée du 22 février dernier. Une lycéenne de 17 ans qui s’est rendue  vers 20h à la gendarmerie « prétend avoir été agressée physiquement et dépossédée de son téléphone par un individu non identifié qui, par la même occasion, a kidnappé son enfant » écrit notre source.

Mais sans doute confrontée par les gendarmes aux incohérences de son récit, l’adolescente va par la suite se rétracter et finira par avouer qu’elle a tout inventé. « J’ai inventé cette histoire, car je suis enceinte d’un Camerounais qui a quitté le Gabon. J’ai voulu attirer l’attention des gendarmes sur cet acte que je regrette », a-t-elle confié. Un peu tard, puisque la nouvelle s’était déjà répandue dans la localité, entraînant un véritable soulèvement populaire.

Et cela ne s’arrête pas là, la plus âgée de tous, une certaine Adélaïde Manguila, débarque à son tour à la gendarmerie, pour déclarer la disparition de la fille de son époux  âgée de 7 ans dont elle a la garde. Cependant, à en croire une source citée par le média, il s’agirait ici, non pas d’un kidnapping, mais plutôt d’une fugue. Dit-elle « le mauvais traitement infligé à la gamine aurait contraint cette dernière à se cacher dans les latrines ».

Il n’en fallait pas plus pour mettre hors d’eux Stany Mouyoli et Lewis Ngoma. C’est ainsi que s’appuyant sur cette deuxième affaire, aussi fausse que la première, et profitant de l’effet amplifié qu’elle a eu sur les riverains, ils vont prendre la tête d’une foule d’apprenants du primaire et du secondaire totalement survoltés, et vont tout saccager sur leur passage.

Plusieurs individus, y compris D.C.M.E., Adélaïde Manguila, Stany Mouyoli et Lewis Ngoma, les auteurs de ce soulèvement, ont été interpellés et enfermés à la prison de Mouila. À l’avenir ils réfléchiront à deux fois avant de rependre des fausses rumeurs.

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