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Esther Miracle : Quid du sort de l’épave engloutie ?

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Les familles des personnes ayant perdu la vie dans le naufrage survenu le 9 mars dernier commencent à inhumer leurs morts. Surtout après avoir bénéficié de l’élan de solidarité de l’État, en mettant à la disposition de chacune une enveloppe de 10 millions de FCFA pour lesdites obsèques.

De leur côté, les 124 rescapés reprennent tout doucement le cours normal de la vie. De même, au niveau judiciaire, l’enquête ouverte à cet effet se poursuit. Celle-ci vise à établir les causes exactes de ce drame qui, à l’instar de ceux enregistrés à travers la planète, marquera à jamais la mémoire collective de par son aspect spectaculaire et de la circonstance (bien que pas entièrement connues) de sa survenance.

Enfin, c’est la principale information de la semaine en lien avec ce drame : le gouvernement a suspendu toutes les opérations de recherche. Il faut donc passer à autre chose.

Cette « chose autre » nous renvoie au sort à réserver au navire Esther Miracle qui se trouve encore au fond de l’océan Atlantique. La préoccupation vaut son pesant d’or. Et il faudrait y songer déjà.

Car, à travers le nouveau pilier dénommé « Gabon bleu », le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, a ainsi engagé le gouvernement, notamment, dans la lutte contre la pollution marine et entend offrir aux visiteurs un tourisme écologique.

En s’engageant dans ce challenge, les gouvernants ont bien mesuré l’impact négatif des épaves englouties aux fonds des eaux sur l’écosystème marin. Les experts du domaine maritime définissent l’épave comme étant ce qui reste d’un navire en mer (épave dérivante), sur le rivage ou au fond de la mer, après avoir été abandonné, s’être échoué ou avoir coulé à la suite d’un « événement de mer ».

Aussi, affirment-ils que les épaves peuvent être sources de pollution et, parallèlement, servir d’abri pour les coraux et les poissons. Ou attirer les chercheurs d’épave en quête de trésors.

De nombreux scientifiques à travers le monde nous enseignent que «les épaves sont souvent des sources de pollution des océans, notamment lors du naufrage par la perte de fioul, de cargaison toxique ou polluante».

Au demeurant, il est primordial de prendre une décision sur la suite à donner concernant l’avenir du bateau qui a coulé le 9 du mois dernier. Cela, en considérant que le pilier « Gabon bleu » est parti de ce que les eaux gabonaises abritent une biodiversité marine incroyable, avec des espèces végétales et animales exceptionnelles qui peuplent les fonds marins depuis des milliers d’années. Des algues, des coraux, des pieuvres, des raies ou encore des mammifères marins peuplent ainsi l’estuaire et l’océan atlantique au Gabon.

Tout un écosystème à protéger et à valoriser. Car, aujourd’hui, le « Gabon bleu » représente 42% du territoire gabonais. Enseignant-chercheur gabonais, Guy Serge Bignoumba est d’ailleurs persuadé qu’à la faveur du « Gabon bleu », la mer est appelée à renforcer sa contribution à l’économie nationale, par la diversification de ses activités, dans un contexte marqué par une économie encore dominée par l’exploitation des matières premières.

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