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Grève des magistrats : A quel jeu jouent les magistrats du Gabon ?

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Depuis déjà quelques mois, la machine de la Justice du Gabon est un peu grippée. Pour cause, les magistrats du pays ont décidé de bloquer l’engrenage et stopper les activités du judiciaire. A l’origine de ce blocus, des revendications sociales et la quête de meilleures conditions de travail. S’il est admis que le gouvernement et la législation gabonaise leur reconnaît un droit de grève, il faut reconnaître que ce mouvement d’humeur qui perdure ressemble beaucoup à une forme de chantage dont les justiciables sont les premiers otages.

Selon eux, l’adoption du statut des magistrats serait la clé de voûte de ce mouvement, mais en y regardant de plus près, on se rend compte que l’essentiel des revendications tourne autour des dotations en moyens roulants, de nouveaux costumes d’audience et d’autres avantages financiers.

Pourtant, depuis l’entrée en grève des magistrats en décembre 2022, le dialogue social n’a jamais été rompu. Bien au contraire, le gouvernement s’est employé à trouver des solutions à l’ensemble des points de revendications contenus dans le cahier des charges qui lui avait été soumis par le SYNAMAG tels que :
– La dotation effective de l’ensemble des chefs de juridiction en moyens roulants ;
– La commande et le paiement effectif des costumes d’audience qui seront livrés avant la prochaine rentrée judiciaire;
– La régularisation progressive des situations administratives;
– L’insertion dans le processus législatif du projet de loi portant statut des magistrats.

Connaissant le fonctionnement de l’appareil étatique, notamment sur le mécanisme de décaissement budgétaire, l’on se demande si ces derniers ont sciemment choisis d’ignorer que chaque dépense mise à la charge du budget de l’État, le gouvernement devrait s’assurer que les avantages dont pourraient bénéficier les magistrats puissent être effectivement financés.

Ainsi malgré les avancées significatives et les efforts consentis, rien ne justifie le maintien du mouvement de grève actuel qui paralyse l’appareil judiciaire et cause d’importants préjudices aux populations.

De par leurs positions et leurs statuts, les magistrats devraient faire leur part en soutenant l’action de l’État car, l’intérêt pour le Gabon est, et devrait toujours rester au dessus de nos appétits personnels.

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