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Justice : vers la levée du mouvement de grève des magistrats

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En raison de la satisfaction d’une partie de leurs revendications, les membres du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) devraient bientôt lever leur mouvement de grève. S’ils attendent la prochaine assemblée générale pour se prononcer sur la question, ces professionnels du droit n’ont en réalité plus de raison de garder le statut quo.

Il importe de rappeler que le 15 décembre 2022, le Synamag a entamé une grève générale illimitée sur l’ensemble du territoire, pour réclamer de meilleures conditions de travail et de vie. Ce du reste ce qu’avait laissé entendre son président, Germain Nguema Ella, lors d’une déclaration devant la presse.

Les magistrats évoquaient, entre autres, la revalorisation salariale, un changement de statut et la dotation de véhicules de fonction. Après maintes discussions avec l’autorité de tutelle, Erlyne Antonella Ndembet-Damas, les principaux points de revendication sont en train d’être solutionnés.

À commencer par la dotation en moyens roulants. Le 10 février courant, la Garde des Sceaux a mis à la disposition des magistrats un premier lot de 17 véhicules sur les 36 qu’ils doivent recevoir.

Puis, il y a eu, lors du conseil des ministres tenu hier, l’adoption du projet de loi portant statut des magistrats. Le présent projet de texte pris en application des dispositions de l’article 47 de la Constitution s’inscrit dans le cadre de la réforme globale du service public de la justice.

D’une part, il s’attache à redéfinir le cadre d’exercice de la profession de magistrat et, d’autre part, à améliorer les conditions d’exercice de cette haute fonction de l’Etat, aussi bien pour ce qui est des moyens de mise en œuvre de leurs missions que des conditions de vie et d’entretien des membres de ce grand corps de l’Etat.

L’on a également compris que le texte présenté se distingue par certaines innovations, notamment la création dans chaque juridiction d’un organe de veille déontologique du magistrat; l’exigence d’une expérience minimale pour l’accès aux fonctions de responsabilité; la limitation de l’accès à la position de détachement aux seuls magistrats hors hiérarchie et du premier grade; l’augmentation de l’âge de départ à la retraite pour tous les magistrats avec, dès 60 ans, la possibilité d’ouverture des droits à la pension.

Avec ça, les magistrats en grève ne peuvent plus dire que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.

Caroline Bivigou

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