Société

Mouvement d’humeur à l’UOB : comme un problème d’interprétation des textes

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La grogne entamée cette semaine par les étudiants de l’université Omar Bongo (UOB) et dont l’escalade est perceptible serait-elle due à une mauvaise interprétation des textes ?

Lundi 13 février dernier, les étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) ont à nouveau sorti leurs banderoles revendicatives. Ils menacent de tout paralyser si leurs réclamations ne sont pas entendues. À l’origine de ce climat délétère, deux textes de lois : les décrets 404 et 148.

Le premier, le décret n°0404/PR/MENESTFPRSCJS du 26 septembre 2012, garantissait un droit à la bourse à tout bachelier de nationalité gabonaise quelle que soit sa moyenne, quel que soit son âge. Seule condition, le candidat devait «être en situation de succès » dans ses résultats scolaires.

Mais il a été abrogé par un nouveau texte : le décret 148. Désormais pour bénéficier de la bourse, hormis la moyenne de 10 en classe, il faudra être âgé de 22 ans au maximum pour l’enseignement général, et 24 ans à l’obtention du Bac pour l’enseignement technique et professionnel.

Et c’est précisément l’interprétation de ce second texte entré en vigueur en 2021-2022 qui pose problème. Pour les étudiants, cette nouvelle réglementation ne devrait pas s’appliquer à ceux qui étaient déjà en intracycle au moment de sa promulgation.

« Tous nos collègues inscrits en Licence et Master sont privés de bourses depuis l’année dernière. Et on est surpris qu’on nous brandisse ce nouveau décret comme justificatif, alors que la loi, on le sait, n’est pas rétroactive » a expliqué Chris Ossamaga l’un des revendiquants.

Cette incongruité serait pourtant déjà réglée, d’après la mutuelle estudiantine, « la tutelle a récemment reconnu qu’effectivement le nouveau texte ne devrait pas s’appliquer aux étudiants en cours de cycle » a indiqué l’un des conseillers du président de la Mutuelle.

D’ailleurs, un comité ad hoc composé des représentants de l’administration de l’UOB, des étudiants ainsi que du ministère a été mis en place à cet effet. Ceci avait le mérite de ramener l’accalmie au sein de ce temple du savoir.

Six mois plus tard, rien a bougé. Et les étudiants qui, à juste titre, ont l’impression de s’être fait berner par la tutelle, ont décidé de monter au créneau.

Au moment où nous mettons sous presse cet article, on nous annonce un durcissement du ton de la part des étudiants. D’après nos sources, il se pourrait qu’ils fassent, dès cet après-midi, un sit-in au portail de l’UOB.

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