Faits divers

Naufrage de Esther Miracle : un bilan et une interpellation

Ecouter cet article

Le gouvernement, par la voix d’Éric Joël Bekale, n’a pas tardé à réagir au naufrage du bateau Esther Miracle de la compagnie Royal Coast Marine. Tout en annonçant une enquête pour faire la lumière sur cet accident, le ministre délégué aux Transports a confirmé, hier jeudi 9 mars 2023, le décès de deux personnes, en plus de celles non encore retrouvées.

De son côté, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, s’est rendu au chevet des 121 autres passagers qui ont été délivrés des eaux agitées. Le nombre de rescapés a d’ailleurs augmenté, avec le repêchage de deux autres naufragés par des éléments de l’armée française au Gabon. Voilà pour ce qui est du bilan de ce chavirement.

D’aucuns pourraient se féliciter de ce que ce bilan est (l’instant) moins dramatique qu’il aurait pu être. Il y a cependant que ce naufrage interpelle les autorités compétentes sur deux faits.

Le premier fait est relatif aux coûts du titre de transport entre Libreville et Port-Gentil, pratiqués par les compagnies exploitant les bateaux rapides depuis la dernière crise sanitaire. Avant cette pandémie, le prix du billet sur la desserte oscillait entre 20 000 et 25 000 FCFA. Et les voyageurs pouvaient s’en procurer plus aisément.

L’apparition de la maladie a poussé le gouvernement à mettre en place des mesures restrictives, notamment la réduction du nombre de passagers dans les bateaux. Ce qui compromettait les résultats financiers des compagnies.

Lesquelles ont alors, pour sauvegarder intactes leurs recettes, fait passer le coût du billet à 35000 FCFA. Ce montant continue d’être pratiqué, malgré la levée des restrictions sanitaires par le chef de l’État, le mercredi 9 mars 2022.

Ils semble évident que les compagnies ont apprécié « le goût du miel », c’est pourquoi elles ne veulent plus y renoncer. La conséquence est que, ne pouvant pas s’offrir un titre de transport à ce prix-là, de nombreux passagers se retournent vers les opérateurs moins onéreux, dont l’activité principal est le transport de marchandises et qui ne voyagent que la nuit.

Le deuxième élément qui interpelle ici concerne l’état des navires. À première vue, le bateau Esther Miracle de la société Royal Coast paraît neuf et, donc, en très bon état.

Il y a lieu, dès lors, de se demander comment a-t-il pu couler aussi facilement. Vivement la lumière sur cet accident survenu au large de Libreville.

 

Caroline Bivigou

Laisser un commentaire