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Ndendé : un gendarme séquestre l’amant de sa petite sœur

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Les parents et les condisciples de Dan N. sont très en colère. Élève en classe de terminale au lycée Paul Marie Yembit de Ndendé, ce jeune homme de 24 ans aurait été torturé par Rodrigue B., adjudant de gendarmerie, le 19 janvier dernier.

Ce dernier n’aurait apprécié que l’apprenant entretienne une idylle avec sa petite-sœur, Bercia K., âgée de 27 ans, qui est aussi sa condisciple de classe. Pire encore, que les deux amoureux aient eu un rapport sexuel dans son logement, au camp de gendarmerie où il héberge sa cadette, la semaine écoulée.

L’agent les aurait surpris en plein ébat sexuel, apprend-on de sources concordantes. Il se serait alors senti humilié, au point d’user de pratiques interdites, même s’il s’agit d’un criminel.

En effet, le gendarme se serait servi de ses menottes, d’une matraque et d’une rallonge électrique pour punir son « beau-frère« , selon nos sources. Il aurait donc séquestré le jeune homme le jeudi 19 janvier 2023, à son domicile, au nez et à la barbe du commandant de brigade du chef-lieu du département de la Dola.

Des images affreuses montrent le jeune élève avec des stigmates sur plusieurs parties du corps. Il a dû évacué d’urgence à l’hôpital de Bongolo, dans la ville voisine de Lébamba.
« Le petit est venu s’amouracher avec ma petite sœur dans ma maison, sachant que j’étais présent et non en déplacement. J’ai vu cela comme un manque de respect, une humiliation. J’ai donc porté main aux deux enfants », aurait déclaré le gendarme. « Je ne pensais pas que Dan devait se retrouver dans cet état« , aurait-il cependant regretté.

Selon nos informateurs, l’adjudant serait en ce moment introuvable dans la ville de Ndendé. Et le commandant de la brigade refuserait de coopérer avec la famille de la victime.

Dans tous les cas, le procureur de Mouila aurait déjà été informé. Les parents de Dan entendent ester le gendarme en justice.

Le Gabon est partenaire de plusieurs organismes et institutions de promotion des droits humains. C’est du reste dans cet esprit que la Constitution de notre pays interdit la torture et autres traitements inhumains ou dégradants, que l’on soit agent des forces de défense et de sécurité ou pas.

Si les faits détaillés  venaient à être confirmés, il reviendra au commandement en chef de la gendarmerie nationale et au ministère de la Défense nationale d’en tirer les conséquences, comme on vient de le voir avec le militaire de la garde républicaine qui a récemment exhibé ses parties intimes. Ensuite, la justice devrait rendre… justice pour que cessent enfin les abus d’autorité dans notre pays.

 

Caroline Bivigou

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